Homme... qui donc es-tu sur la vaste planète,
Immense champ d'idées, bordé par l'océan,
Fine astrale poussière en l'univers géant,
Dont l'harmonie céleste a tracé la voie nette ?
Tu es l'un des maillons de la chaîne infinie
Forgée dans l'incertain du seuil des premiers Temps.
Tel le germe naissant à l'orée du printemps,
Tu lances vers le ciel les désirs de survie.
Ce qu'en moi je ressens, tu le perçois aussi,
Tu es "toi", et les "autres" et le monde, à la fois.
Pénètre ta valeur en mesurant son poids,
Sa force, son élan, son sublime souci.
Tu es le matelot du grand navire monde
Sur lequel, tout geignant, on te fit embarquer.
Jamais plus, désormais, tu ne verras le quai,
Toi qui es condamné à naviguer sur l'onde.
Tous mes voeux, donc, ami, de bonne traversée !
Espérons que, jamais, d'atomiques vacarmes
Ne feront échouer sur les récifs des larmes
La belle flotte humaine étrangement bercée !
Louis Fontas
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